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Le silence suppose beaucoup de complicité ~ ft. Peter Lawson

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Le silence suppose beaucoup de complicité

Cathleen Tara Bradfort & Peter Lawson


       Un célèbre poème commence par : « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends ». Victor Hugo. C’est de loin mon poème préféré. Et je me levais tous les matins avant l’aube pour parcourir la ville, à l’heure où la population dort encore. L’air frais venait délicatement frôler ma peau, qui frémissait de plaisir au contact. Le soleil ne pointe généralement pas le bout de son nez avant un bon quart d’heure, ce qui me laisse le temps de rejoindre l’orée de la forêt. Ma boutique n’ouvrira pas avant huit heures, j’ai le temps.

       Le silence. Pas le silence absolu, mais le silence de l’Homme. Très peu de voiture circulent, et personne ne rompt le silence de sa voix grasse, seulement capable de déblatérer des idioties à longueur de journée. Je détestais cette génération d’êtres stupides et cupides. Ils me faisaient penser à Brid. Et vraiment, je n’avais pas envie de me mêler avec ces gens-là. J’avais honnêtement assez donné. Heureusement, plus je m’éloignais de la ville, plus je pouvais percevoir le timide gazouillis des oiseaux, car on ne pouvait pas encore qualifier ce « son » de chant. Le ciel était dégagé, il ne faisait pas très chaud, j’étais seule, cette journée promettait d’être parfaite.

       Je n’avais apporté avec moi qu’un petit sécateur, du ruban et un cutter, le tout rangé au fond de mon panier en osier. Je pénètre dans la forêt, empruntant le même chemin que d’habitude. J’ai besoin de fougère ce matin, et ce n’est pas ce qui manque ici. Mais je ne veux pas n’importe lesquelles. Je veux des fougères arborescentes. Les plus vertes, les plus délicates, les plus pures. Ce matin, j’avais en effet une commande pour un bouquet de mariage. Il manquait une touche de vert. Je connais heureusement quelques coins dans la forêt où l’humidité est abondante, et où le soleil parvient à se frayer un chemin jusqu’au sol. Le climat, l’humidité, la luminosité : tout est parfait là-bas.

       Je zigzague entre les arbres, en prenant soin de ne pas déchirer ma longue jupe plissée. Pendant une vingtaine de minute, j’arpente sans difficulté la forêt, jusqu’à trouver mon petit bout de paradis perdu. Là je pose mon panier en osier, et touche les fougères ; elles sont presque trop froides pour la saison, mais avec un petit coup de main, cela fera l’affaire. J’attrape mon sécateur et coupe d’un geste précis et assuré les tiges. J’entrepose délicatement mes trésors dans le panier. Rapidité, délicatesse mais fermeté. C’était le secret pour couper les fougères sans les abimer. Et être fleuriste n’est pas une raison suffisante pour les faire souffrir. Après tout, les fleurs aussi sentent la douleur, mais elles ne le montrent pas. Ou peut-être sont-elles juste comme moi ? Peut-être aiment-elles la douleur.

       Hélas, si la perfection n’est qu’éphémère, je peux en témoigner. Cet instant de pure félicité fut de courte durée. J’entends un bruit non loin de moi. Avec tous les Diakoptis qui trainent dans les parages, il vaut mieux être méfiant et prudent. Je me relève en ajustant ma jupe et me retourne en direction du bruit entendu. Je serre fort mon sécateur, prête à le planter droit dans le cœur de mon assaillant. Mon don n’était clairement pas utile dans ce genre de situation. Mais je ne tremble pas. Je n’ai pas peur. J’attends simplement de voir le visage de l’enfoiré qui a décidé de troubler ma béatitude.



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Jeu 5 Avr - 19:20
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Le silence suppose beaucoup de complicité
ft. Cathleen Tara Bradfort

Peter n'avait pas pour habitude de se lever aux aurores, c'était un noctambule après tout. Suite à son décès, le jeune homme était devenu en quelque sorte paranoïaque, l'idée de se faire agresser durant son sommeil le terrifiait ainsi il s'efforçait de rester éveillé le plus longtemps possible. Il avait beau essayer de se rassurer en installant un système d'alarme aux fenêtres, en achetant un verrou supplémentaire pour sa porte d'entrée, en installant une caméra de surveillance dans son couloir : il demeurait dubitatif quant à sa sécurité, il n'y avait donc aucun moyen pour Peter de dormir la nuit.

Adossé confortablement contre le mur de sa chambre en se servant d'un oreiller en guise de dossier, il lisait des articles de presse sur son téléphone en attendant patiemment le lever du jour. Aussitôt que les premières lueurs de l'aube traversaient les espaces laissés par le rideau opaque de la pièce, Peter se leva promptement de son lit, s'habilla, et sortit hâtivement de son appartement en ayant déjeuné au préalable. Le jeune homme y avait réfléchi la veille : développer son don et en connaître les limites, voire les repousser, lui serait d'une grande aide pour se protéger d'une quelconque menace nocturne. C'est ainsi qu'il avait pris l'initiative de se lever tôt, lorsque la ville entière était encore assoupie, pour pouvoir s'exercer. Il lui fallait un endroit paisible, éloigné, pour éviter d'être une nuisance pour qui que ce soit. Il se dirigeait alors en dehors de la ville, et partait en direction d'un bois avoisinant la vieille ville.

Peter arriva en peu de temps devant le bosquet, il s'avança de quelques pas, s'arrêta pour inspecter les alentours : personne. Il s'enfonçait davantage dans la forêt en passant agilement entre les arbres et finit par arriver dans une clairière. Il se dirigea au milieu de celle-ci, balaya la zone à plusieurs reprises de son regard avant de se décider à débuter son entraînement. Peter avait pour objectif de déterminer approximativement le rayon dans lequel s'exerçait son ouïe surdéveloppée. Pour se faire, il utilisait son téléphone portable pour effectuer des mesures : il déposait l'appareil le plus loin possible depuis le centre de la clairière afin de tenter de capter le faible son que jouait son portable, une musique qu'il avait choisi au hasard au sein de sa bibliothèque musicale. Il comptait attentivement le nombre de pas le séparant de son téléphone à chaque essai et les notait par la suite sur un carnet de poche.

Après moult tentatives, Peter n'était toujours pas parvenu à déterminer la zone dans laquelle son don fonctionnait, fatigué physiquement et mentalement d'une part par l'utilisation prolongée de son ouïe et d'autre part par la privation de sommeil, il s'autorisa une pause. Le jeune homme décida de retourner en ville afin d'acheter de quoi se désaltérer. Il partit ramasser son téléphone et traversa une nouvelle fois le bois. Alors qu'il se rapprochait de la sortie du bosquet, Peter trébucha par inattention dans une racine. Il se sentait ridicule, autrefois il aurait lâché un juron par réflexe mais il n'en était plus capable. Alors qu'il se relevait péniblement de sa chute, un bruit attira son attention. Ce n'était pas un animal sauvage, mais bel et bien une personne. Peter leva la tête vers un groupement de buissons au feuillage relativement épais, il tentait d'identifier une quelconque silhouette à travers ces derniers : sans succès. Il caressa la poche intérieure de sa veste, son canif était bien là. Peter s'avançait prudemment en s'aidant des arbres près de lui et tâchait de ne pas trébucher à nouveau, il lui fallait découvrir les intentions de l'individu qui l'attendait derrière ces buissons sans quoi il ne pourrait quitter la forêt avec l'esprit paisible.

Ven 6 Avr - 22:31
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Le silence suppose beaucoup de complicité

Cathleen Tara Bradfort & Peter Lawson


       Le bruit était discret, à peine perceptible, mais je pouvais affirmer avec certitude qu’il s’agissait là de quelqu’un qui ne voulait pas se faire remarquer. S’il s’agissait d’un Diakoptis, j’étais foutu. Je ramasse mon panier, le sécateur toujours dans les mains, et je fixe les buissons et les arbres avec mes yeux, sourcils froncés et expression grave. Ça se rapproche. Dans quelques secondes, j’allai être fixée sur mon sort. La silhouette se dessine lentement dans l’obscurité des arbres, jusqu’à que je puisse le distinguer.

       Un homme. Il n’avait franchement pas l’air dangereux. Je baisse mon sécateur. Je le lorgne d’un regard presque hautain. Non mais qu’est-ce qu’il fout là. Il s’est perdu ou quoi ? Etre seul, dans les bois, à une heure aussi matinale, soit ce type était un prédateur sexuel, soit c’est juste … un type qui n’aime pas franchement la compagnie des autres. Et sur ce point, je peux le comprendre. Au vu de son expression, il m’a clairement pris pour un ennemi… Là aussi, sur ce point, je le rejoins.

       Le soleil commençait doucement à redoubler d’intensité et éveillait petit à petit la faune et la flore sauvage. Le gazouillis des oiseaux s’harmonisait en un chant sauvage, et la légère brise matinale faisait bruisser les feuilles. La rosée du matin s’évaporait lentement, et les premières traces de vie sauvage faisaient leur apparition. D’abord un lapin, puis un écureuil. Une véritable représentation du jardin d’Eden.

       L’homme en face de moi était jeune, surement encore étudiant. On devait avoir le même âge à quelque chose près. Ce type avait l’air… las. Clairement il n’avait pas dormi. Ou très peu. Ou alors il était insomniaque, au choix. Toujours est-il que perdu ou pas, il avait troublé mon moment de béatitude, et pour cela, j’avais au moins le droit d’avoir des réponses sur ses intentions.

       Je range le sécateur dans mon sac, et toujours avec mon expression figée, je lui lance d’un air peu sympathique et froid tout de même :

- T’es qui? Tu t’es perdu? Pourquoi tu viens me faire chier?

       Sur l’instant, l’homme ne me répond pas. Il a avalé sa langue ou quoi ? Ou il veut peut-être juste pas me parler. Je m’en fiche de toute manière. Ce n’est pas comme si j’avais envie de le connaître un peu plus. Néanmoins… Il m’intriguait. Je ne sais pas comment l’expliquer, quelque chose en lui était différent des autres êtres humains, et en même temps, je pouvais affirmer avec certitude que ce type n’était pas un Diakoptis. C’était surement un Parallel, comme moi. Quelqu’un qui était coincé dans un corps qui ne lui appartenait pas vraiment… Mais je n’avais pas eu l’occasion de discuter avec d’autres personnes comme moi. Alors c’était peut-être le moment d’en savoir un peu plus…

       Avait-il un don comme moi ? Combien de fois était-il mort ? Avait-il été lui aussi traqué par des Diakoptis ? Avait-il décidé de jouer son rôle ou avait-il pris un nouveau départ ? Toutes ses questions vinrent emplir ma tête en quelques secondes. Généralement, je n’étais pas curieuse. Je me contrefichais des autres même. Mais bon, pour une fois, je pouvais bien faire un effort.

       Je pousse un soupir, et laisse mon panier à terre. Je m’occuperai de mes fougères plus tard. Je fais quelques pas dans sa direction et tends ma main vers lui. Sur un air légèrement plus amical que tout à l’heure, je lui dis :

- Cathleen. Et toi, c’est ?



(c)LOKIA
Sam 7 Avr - 12:24
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Alors qu'il s'avançait progressivement vers le groupement de buissons, Peter s'arrêta à mi-chemin afin de solliciter son don. Il tendit l'oreille : le léger murmure d'un ruisseau isolé, le gazouillement mélodieux des oiseaux environnants, le friselis de la douce brise matinale dans les feuilles des arbres, la cacophonie lointaine de la ville et enfin une faible respiration. L'individu était encore là, immobile. Peter se remit en marche, il ne saurait expliquer pour quelle raison ce sentiment d'inquiétude qui le rongeait auparavant commençait à se dissiper. Pris de curiosité, le jeune homme voulait absolument connaître l'identité de la personne qui l'attendait derrière ces feuillages épais. Au bout d'une dizaine de pas, il finit par faire face aux buissons. Il tentait à nouveau de visualiser une quelconque silhouette à travers ces derniers : en vain, le feuillage était beaucoup trop resserré. Ce n'était en restant planté comme un poireau qu'il allait arriver à quelque chose.

Peter enjamba lestement les halliers qui lui faisait barrage en tâchant de ne pas abîmer ses vêtements. Il fut surpris de découvrir une jeune femme devant lui, non pas qu'il était déçu, il s'était préparé au pire et s'attendait à rencontrer une personne prête à lui bondir dessus. Toutefois, il nota sa posture défensive à son arrivée. S'attendait-elle à faire face à un assaillant ? Peter partageait ce sentiment d'anxiété qu'elle avait ressenti. Tous les deux se regardaient sans prononcer un mot. Le jeune homme avait remarqué à travers son regard une forme de mépris envers lui, elle se méfiait de lui, sans doute en raison de son visage exténué. Il la comprenait, Peter affichait une expression comparable à celle d'un toxicomane après consommation d'une drogue dure.

Un panier, des fougères et un sécateur. Serait-elle médecin ? Ou bien fleuriste ? Il se souvint d'une émission radio traitant de l'utilisation des fougères en cuisine, travaillerait-elle dans le domaine culinaire ? Cependant, cela ne le regardait pas. La jeune femme finit par briser le silence :

« T’es qui? Tu t’es perdu? Pourquoi tu viens me faire chier? »

Lui qui avait pris soin de s'isoler dans les bois pour ne pas être une nuisance pour autrui, il se sentit fautif. À ses mots, un sentiment de culpabilité l'envahit : il devait s'excuser auprès d'elle. Sa présence l'avait sans doute dérangé aux vues de sa réaction. Peter plongea sa main droite dans sa veste et en ressortit avec son portable. N'importe qui aurait jugé le comportement de Peter comme étant irrespectueux, ne pas répondre et se jeter sur son téléphone. Mais il ne pouvait pas communiquer autrement. Il restait néanmoins le langage des signes mais peu de personnes le comprenaient.

« Cathleen. Et toi, c’est ? »

Stupide code PIN, après plusieurs tentatives il finit par déverrouiller son téléphone portable. Bizarrement, la jeune femme avait changé d'attitude envers lui, elle s'était présentée. « Cathleen », un prénom d'origine irlandaise, Peter le répétait dans sa tête : ça sonnait plutôt bien. Elle voulait connaître le sien en retour, Peter ouvrit l'application lui permettant de communiquer, y rentra le texte qu'il voulait retranscrire en vitesse et laissa le logiciel opérer :

« Enchanté, je m'appelle Peter. Excusez-moi de vous avoir perturber tout à l'heure, je n'ai pas eu l'intention de vous importuner. »

Peter avait opté pour le vouvoiement, il venait à peine de se rencontrer et il jugeait l'utilisation du tutoiement comme étant un manque de respect de sa part tout en sachant qu'il l'avait dérangé un peu plus tôt. Toutefois, le vouvoiement lui paraissait tout de même étrange, elle avait l'air d'avoir plus ou moins le même âge que lui. Curieux, Peter rédigea sa prochaine réplique pour la questionner :

« Sans vouloir être indiscret, que faites-vous ici de si bonne heure ? »

Dim 8 Avr - 16:51
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Le silence suppose beaucoup de complicité

Cathleen Tara Bradfort & Peter Lawson



      Sur le coup, je n’ai pas compris la réaction de l’homme en face de moi. Il pianotait sur son téléphone sans daigner de jeter un regard vers moi. Il se foutait de moi en plus ? Enfin, c’est ce que je croyais, jusqu’à qu’un logiciel parle à sa place. Pourquoi ne parlait-il pas avec sa bouche ? Il est peut-être muet ou un truc dans le genre ? Ce n’est pas comme si sa tête le desservait… Mais s’il était muet, ce n’était pas pour me déplaire. J’apprécie vraiment le silence.  En toute honnêteté, sa simple présence me troublait, mais pas dans le mauvais sens.

       Peter. Ce type avait une sale tête, mais il avait l’air… poli. Après tout, il venait de s’excuser. Et ça aussi, j’apprécie. Et il me vouvoyait. Ce n’est pas que ça me dérangeait, j’avais l’habitude à la boutique. Il me posa par la suite une question. Que faisais-je ici ? De si bonne heure ? Il avait l’air assez curieux pour un muet. Personnellement, ça ne m’aurait pas dérangé d’être muette, je déteste parler. Quand on parle, les gens vous répondent, et après par politesse, vous devez leur répondre. Une nuisance je vous dis. Mais ce ne fut pas par politesse que je lui répondis, mais par … je ne sais pas comment appeler ceci. Toujours sans sourire, je lui réponds :

- Je suis fleuriste.

       Etrangement, le ton de ma voix fut sec. Je fus moi-même un peu surprise. J’avais presque été impolie. Je détestais être impolie. Alors j’enchaine d’une voix monocorde :

- Je suis venue ramasser des fougères arborescentes. C’est un endroit parfait pour en cueillir. J’aime venir quand personne n’a encore ouvert l’œil, pour profiter de la nature à l’état pure, sans signe de la perversion humaine, quand la rosée du matin est encore là.

       Mes paroles défilaient seules. Encore une fois, je fus surprise. Je ne voulais porter de l’intérêt pour personne, et me voilà entrain d’avoir une conversation normale avec un type ordinaire. Mais l’était-il vraiment ? Depuis quelques minutes maintenant, je ne le trouvais vraiment pas différent de moi. Il n’était pas comme tous les autres. Cette question trottait sans relâche dans ma tête. Etait-il un Parallel ? Oui ou non ? Je n’avais qu’à lui demander. Et s’il me rit au nez, je pars. Dans le pire des cas, ça ne sera qu’un autre type qui me prendra pour une folle. J’avais l’habitude.

      J’inspire lentement par le nez, histoire de reprendre mes esprits. Je n’avais rien à perdre. Toujours avec cette même expression greffée sur mon visage, je lui demande avec une voix qui n’avait plus rien à voir avec le ton cassant de tout à l’heure, mais inconsciemment plus douce :

- Tu es déjà mort, non ?

      Au vu de ma question, il pouvait très bien me prendre pour une folle. Peut-être que j’aurai du prendre des pincettes pour lui parler, mais s’il n’était pas différent des autres, je n’avais aucun intérêt à lui porter. S’il était normal, il allait s’enfuir en courant, et hurler en mettant fin à son supposé problème d’aphasie, et allait me traiter de folle. Et alors je pourrai retourner à mes fougères. Mais s’il était différent, ce que j’espérais un peu au fond de moi, alors ça changeait tout. Je pourrai en apprendre plus. Sur lui, mais sur moi aussi. Je me posais tellement de question, et pourtant Dieu sait à quel point j’ai horreur d’être curieuse. Hélas, j’étais humaine. Enfin je crois. Et même si je me refusais d’être comme ça, j’avais mes défauts. Je ne pouvais luter contre ma nature. Alors une fois ma curiosité satisfaite, on se dira au revoir, et chacun partira vivre sa vie de son côté. Moi avec mes fleurs, et lui avec son téléphone portable.

       Je ne sais pas s’il s’agissait là d’un signe du destin, mais en levant les yeux au ciel, je remarquai une grive musicienne se poser silencieusement sur une branche. L’atmosphère devait être paisible pour qu’un être aussi craintif se pose à quelques mètres de nous seulement.




(c)LOKIA
Dim 15 Avr - 22:25
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Lui qui s'était résolu à ne pas se préoccuper de la vie d'autrui, le voilà qu'il se mettait à questionner la jeune femme. « Sans vouloir être indiscret », cette formule était inutile : tout le monde aurait compris le contraire. Peter s'en voulait à lui-même quant à son manque de retenue. Il n'avait pas pu s'empêcher de lui poser cette question, elle était venu spontanément sans même qu'il ne s'en rende compte. Cathleen semblait ne pas vouloir tenir une conversation avec lui, l'interroger était peut-être une mauvaise idée : c'était ce que Peter déduisit du visage inexpressif de la jeune femme. Toutefois, elle répondit. Cathleen était fleuriste, il avait vu juste dans ses suppositions.

Avant même que Peter n'eût le temps de réfléchir à sa prochaine réplique, la jeune femme reprit la parole, toujours d'une voix monotone. Elle était venu récolter des fougères, sans doute pour son commerce. Elle profitait aussi de cette occasion pour venir savourer ce calme apaisant qu'offrait le paysage sauvage de la nature. Sur ce point, Peter acquiesça d'un geste de la tête. Il était venu pour la même raison d'une certaine façon. Le jeune homme supposait qu'il était en train de la déranger dans sa tâche. Alors qu'il s'apprêtait à lever sa main pour la saluer avant de quitter les lieux, Cathleen lui posa une question sortant de l'ordinaire.

Est-ce qu'il était déjà mort ? Les paroles de la jeune femme résonnèrent dans sa tête. Une personne lambda n'aurait jamais demandé cela, à moins d'être quelque peu étrange. Savait-elle à tout hasard qu'il était un Parallel ? Si c'était le cas, comment avait-elle pu le savoir ? Est-ce qu'elle était aussi ce genre d'individu ? Peter n'avait encore jamais croisé l'un de ses semblables. Partir à leur rencontre ne l'intéressait aucunement jusqu'à présent. Avoir la possibilité d'échanger avec une personne dans la même situation que lui pourrait être bénéfique, Peter aurait l'opportunité d'en apprendre plus sur ce qu'il lui était arrivé. Les souvenirs de sa mort affluèrent soudainement, le jeune homme ressentit une douleur vive au niveau du torse. Se remémorer ne serait-ce qu'une seule seconde de son décès avait pour effet de l'attrister. Il se ressaisit rapidement, leva la tête en direction de la jeune femme. Peter hésita à lui répondre : et si elle était en réalité une Diakoptis ? Il inspecta les parties visibles de son corps à la recherche d'un quelconque numéro, en vain. Bien évidemment, il ne pouvait pas voir à travers les vêtements, son ouïe certes était surdéveloppée mais ses yeux ne servaient pas de scanner à rayons X.

Il finit par sortir de son indécision. Peter ne pouvait expliquer pour quelles raisons elle semblait être digne de confiance. Il se saisit vivement de son portable afin de lui répondre :

« Serait-ce votre intuition qui vous le dit ? En effet, « je » suis déjà mort. Si vous lisez régulièrement le journal ou êtes friande de ragots il est fort possible que vous ayez entendu parler d'un jeune homme se faire sauvagement assassiner dans sa propre demeure dans les bas-fonds de la vieille ville. »

Peter poussa un long soupir. Tandis qu'un sentiment morose venait progressivement s'emparer du jeune homme, ce dernier tâtait l'emplacement de la blessure qui l'avait achevé. Peter en concluait de cette question qu'elle était dans la même situation que lui. Dans le cas contraire, elle pouvait très bien aller colporter ce qu'il venait de confier, Peter ne craignait rien. Étant donné qu'elle ne disposait d'aucune preuve pour justifier ces propos si cela arrivait. Il reprit son téléphone pour lui renvoyer la question :

« Et vous ? »

Hier à 13:04
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