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Oblivion ━ sloan

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Glitch suprême
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OBLIVION
━ heroine △ sloan
Ses pas s’alignaient les uns après les autre sur une ligne parfaite, suivant celle du bord du trottoir, comme une gamine. Elle gardait l'équilibre en levant les bras, poussant sa balance volontairement sur les côtés pour rendre le jeu plus intéressant, tentant des tours pour agrémenter un peu. Mais non, elle se faisait toujours chier.
Heroine venait de se faire virer d'un bar après avoir provoqué une bagarre entre deux mecs, qui bien sûr comme à chaque fois qu'elle foutait un pied dehors, se battaient chacun pour la ramener chez lui. En soi elle n'était pas mal faite, même plutôt mignonne, et puis elle était excentrique, spéciale, ne se rendait pas compte qu'elle était un peu séductrice sur les bords et avait une certaine aura de.. simplicité, qui induisait la plupart des hommes à moitié saouls à penser qu'ils pourraient la traîner dans leur lit. Mais non, Hero était moins simplette que ça - même si elle ne se rendait pas entièrement compte de la situation -, ça l'amusait de jouer de ses charmes pour foutre le bordel. Mais bon, à deux heures du mat dehors, elle s'était laissée perdre dans les petites rues sur le chemin de la maison.

Elle n'avait aucune idée d'où elle était, vu qu'elle n'avait pas trop lu les panneaux. Pas qu'elle avait bu, mais elle était quasi sûre que la cigarette qu'elle avait volée n'était pas une cigarette, et il ne lui fallait pas beaucoup plus pour faire déconner son esprit déjà assez tordu. Elle tenait encore debout bien entendu, c'était loin d'être assez pour lui retirer sa conscience, juste assez pour la déconnecter un peu plus.
Et elle était là, assise sur le trottoir sans se rappeler quand elle s'était assise, farfouillant son sac à la recherche de sa console pour jouer un peu. Aucune idée de pourquoi elle voulait jouer, elle s'ennuyait sûrement, balançant sa tête de droite à gauche en chantonnant le main theme de l'écran titre.
Son regard se porta sur un mouvement dans un coin de la rue, une silhouette venait de s'y glisser sans qu'elle y fasse vraiment attention. Heroine se frottait les yeux, sûre que son esprit lui jouait des tours ; mais non, il y avait bel et bien quelqu'un.
Une ombre parmi la nuit.

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Jeu 5 Avr - 0:28
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Diakoptis
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En début de soirée, tu quittes ton petit appart’, habillé comme à ton habitude comme un corbeau – ou une ombre – d’un jean sombre, d’un tee-shirt et d’un blouson de cuir. De quoi inspirer la confiance chez autrui. Mais tu te contrefous d’Autrui, au pire, tu lui refonte la face. Ton air de racaille des bas-fonds sur le visage, tu t’engouffres dans les rues fraiches d’une cité nocturne. A vingt-et-une heure, t’as un combat. Tu sais que tu vas gagner, quitte à y laisser une partie de ta santé, et deux ou trois dents. Tu gagnes toujours. Ensuite, avec la paye des paris, tu vas te torcher dans un bar. Jamais le même. Jamais de trace.

Tu avances doucement en direction du lieu de ta rencontre. Au passage, tu croques dans une pomme, et en balances le trognon contre une voiture – pas grave c’est biodégradable – histoire de prendre des forces. Le lieu du combat change aussi toutes les semaines. Alors tu te diriges vers une ruelle à l’écart du peu de bruit qui anime la vieille ville. Pour y accéder, il faut s’y connaître en recoin louche. D’autant plus que les personnes normales tournent les talons dès qu’elles commencent à s’en approcher – entre deal et proxénétisme, y’a de quoi partir en courant. Toi, t’es comme un poisson dans l’eau, tu te fonds dans la masse répugnante de la partie délaissée de la société, parce qu’au fond, c’est à elle que tu appartiens.

Tu salues Batty, ta compagne pour certaines nuits. Peut-être pour celle-ci, ça dépend de la thune que tu te fais sur la tronche de ton adversaire. Un sourire carnassier s’étire sur tes lèvres lorsque tu te diriges vers ton vestiaire, accompagné par une ovation déjà bien arrosée. Tu te fous à moitié à poil, et enfiles tes gants. Une protection pour les chocs dans le bec, tu rejoins le ring lorsque l’on t’appelle.

Tu lèves la tête vers la lumière vacillante au plafond de l’entrepôt clandestin dans lequel est installée cette arène de fortune, avec le sable en moins, et deux guignols en guise de gladiateurs. Tu considères ton adversaire avec la moue narquoise qui les énerve tant. C’est ça, fais ton bouledogue, qu’on en finisse vite. Coup de sifflet. L’arbitre abaisse son bras et c’est le début du combat. L’autre – un grand asiatique avec une armoire en guise de corps – se jette sur toi. Tu évites mollement, voulant le persuader qu’il peut gagner. Faut dire que t’es pas bien gras, malgré tes muscles saillants.

Soudain, ton adversaire se fige. Il a capté ton regard. Contemplé ton rictus. Son visage se décompose à mesure que la tension se fait ressentir sur ses épaules. Alors il hésite, et tu échappes à son emprise. Abasourdit, il n’a pas régit que tu le mets à terre en fauchant ses jambes. Tu lui tournes autour, pour qu’il plie un genou pour se relever. Tu as le sens de la mise en scène. Il te regarde d’en bas, et son visage déconfit réagir avec effroi à ton sourire sans émotion. Tu es terrifiant. Alors qu’il s’apprête à se relever, tu lui envoie un crochet du droit, qui le fout KO. Le silence se fait dans la salle, et l’arbitre compte. A 10, le vacarme des acclamations et des cris t’explose dans les oreilles. Tu jubiles et lèves un poing victorieux. Deux autres combats suivent.

Tu gagnes toujours, peu importe comment tu t’y prends. T’es peut-être trop vicieux pour le commun des mortels. Tant pis pour eux.

Tu sors vers une heure du matin, le temps de récupérer ton fric, tes fringues, tes clopes et de te faire payer à boire. Tu vagabondes ensuite dans les rues de la vieille ville, avec cette envie de te rincer l’intérieur au whiskey. Tu rentres donc rapidement dans un bar, où l’ambiance n’a pas besoin de toi pour être agitée. Plusieurs gars empestant l’alcool semblent se battre pour une nana – sérieusement, ils se croient à l’âge de pierre. Une p’tite jeune, pas vraiment ton type, mais pas désagréable à regarder. Tu t’assois au comptoir et descends les verres à une vitesse folle.

Parfois, tu préfèrerais ne pas tenir l’alcool.

Tu sors tu bar vers deux heures, les deux brutasses encore en train de se battre. Après avoir demandé la permission au proprio’, tu les calmes d’un coup de boule, et les laisse inconscients là. Tu regagnes ensuite la quiétude de l’ombre. Ton milieu. Là, tu allumes une clope, et prends le temps de la finir, avant de te mettre en route.

Tu décides de faire un détour pour rentrer chez toi. Mauvaise idée, puisque, du coin de l’œil, tu constates que tu n’es pas seul. Mais la curiosité et l’alcool n’aidant pas, du disparait dans une rue, avant de te fondre dans les ombres au sol – ce qui est facile en pleine nuit. D’en bas, tu reconnais la fille du bar. Considérant qu’elle ne peut représenter une menace, tu retrouves ton corps un peu plus loin. Elle joue à une console en pleine nuit, sur un trottoir, mais tu doutes que ce soit une prostituée, vu sa rengaine. Peut-être juste qu’elle est trop bourrée pour rentrer chez elle.

Avec un visage de marbre, tu t’approches sans bruit, les mains dans les poches de ta veste noire.

— T’es perdue ? tu demandes avec ton haleine alcoolisée.

Elle ne te connaît pas, ne sais pas que tout ce que tu veux, c’est égayer ta nuit, puisque de toutes façons tu te coucheras à l’aube. Et à cette soirée, il manquait une chose : de l’emmerdement gratuit. Elle peut toujours écouter sa raison et s’enfuir en courant, tu iras te mettre en quête d’une autre victime.
Ft. Heroine
Jeu 5 Avr - 2:37
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━ heroine △ sloan
Bah, peu importe.
Son attention s'était reportée sur son jeu, et elle tripotait bêtement les touches en restant sur le menu plutôt que de jouer réellement. Ça l'amusait que chaque champ fasse un bruit différent, et elle était totalement absorbée. Tant absorbée qu'elle ne remarqua pas que l'ombre s'était approchée soudainement d'elle, et qu'elle la toisait de toute sa hauteur ; Heroine sursauta et prit sa tête entre ses mains en émettant un couinement aigu, suivi d'un petit soupir.
" Woaaah. Tu m'as fait peur. "
Elle leva les yeux au ciel, visitant le noir étoilé quelques secondes, puis regarda enfin à quoi ressemblait l'ombre. Un grand homme à l'air morose et au parfum alcoolisé. Au début, elle se dit qu'elle avait probablement trouvé un nouveau jeu pour ce soir, comme dans le bar plus tôt ; puis elle se dit qu'il avait pas l'air si torché que ça, comparé à d'autres. Enfin, peu lui importait, vraiment.
" Un peu, mais ça va, je m'en sors. Et toi alors ? "
Elle remonta ses genoux entre ses bras, posant sa tête dessus, et faisant ainsi remonter sa jupe. C'était un petit test pour voir s'il s'était déjà mit minable ou pas, et en général ça marchait. Bien sûr, elle s'était déjà attiré des problèmes en le faisant, mais Heroine s'en fichait légèrement. Elle s'en sortait toujours. Elle n'avait pas besoin de solution s'il n'y avait pas de problème, et se faire approcher par des hommes saouls n'en était pas un, conféré l'épisode du bar quelques temps plus tôt.
Ses mains tâtonnèrent ses poches, puis les plis de sa jupe, puis le trottoir, à la recherche de son trophée fumable de la soirée, dont elle ne se souvenait pas ce qu'elle avait fait. Elle renonça rapidement, puisque de toute façon elle ne l'avait pas acheté, et se dit qu'un joint ça se trouve facilement ; mais elle le retrouva en fourrant de nouveau sa console dans son sac, puisqu'il était resté au même emplacement. Elle l'alluma, tira dessus et expira une fumée blanchâtre dans laquelle elle s'amusa à faire des trous en soufflant encore.
" T'en veux ? "
Heroine était d'humeur joueuse - pas qu'elle ne l'était pas d'habitude, mais l'alcool et le reste la poussait un peu plus - et elle s'était décidée à voir ce que cette ombre inconnue qu'elle était quasi sûre d'avoir déjà vu voulait d'elle. A mieux y réfléchir, elle avait souvenir de cette tête blasée. Impossible de se rappeler d'où par contre. Tant pis.
Elle tapota le trottoir à coté d'elle, l'invitant à s'assoir. C'était sûrement peu raisonnable, mais la raison n'était déjà pas de mise en journée - de nuit, encore moins.

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Ven 6 Avr - 1:25
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Tu ne réagis pas l’autre que la jeune femme se montre surprise. Faut dire que t’es passé maître dans l’art de te fondre dans le noir, aussi silencieux qu’un chat, aussi inquiétant qu’un prédateur. Un faux sourire s’étire sur ton visage, en guise d’excuse, mais tu gardes le silence. Ses réactions te paraissent quelque peu exagérées, mais tu passes outre ce détail. Tu ne veux pas la faire fuir, afin de la mener en bateau toute la soirée. Parfois, tu te dis que tu t’abaisse à des jeux qui ne sont plus de ton âge, mais cela te passe bien trop au-dessus pour que tu cherches à arrêter. Sa réponse te laisse perplexe. Comment-ça, « un peu, je m’en sors », que veux-t-elle dire par là, te demandes-tu. Elle est peut-être juste trop ivre pour aligner deux mots sensés l’un à côté de l’autre

Puis son attitude frôle la provocation. Tu l’observe rapprocher ses genoux de son petit corps. Elle doit être complètement inconsciente, pour faire ça à un homme en plein milieu d’une rue vide, sous le seul regard de la Lune. Qu’espère-t-elle, en faisant ça ? S’attirer les convoitises, jouer au chat et à la souris ? Heureusement pour toi, tu préfères les femmes plus mures, t’as eu plus d’un siècle pour profiter des charmes sveltes des filles à peine adultes. Après, tu ne refuses jamais une invitation.

Tu passes une main dans tes cheveux noirs corbeau, et réponds avec un haussement d’épaule, enfonçant de nouveau tes poings dans les poches de ton blouson :

— Non, mais j’y compte bien.

Niveau sens, vos deux phrases se valent. Pourquoi te perdre ? Parce que t’as rien à faire, ou une nuit entière à passer à errer dans l’espoir de trouver quelqu’un à tourmenter. Souvent, tu oscille entre te plonger dans leur ombre pour les épier, puis leur faire comprendre qu’ils ne sont plus seuls. D’autres nuit, tu rentres juste chez toi, après une longue marche, et te laisses aller dans les bras de Morphée, seul véritable compagnon pour toi.

Tu la regardes sortir de son sac un joint, et l’allumer. Elle te propose de partager, mais tu te contentes de pincer le nez.

— Sans façon, merci, je touche pas aux trucs qui sortent d’on ne sait pas où. Tu la fixe intensément. Et tu devrais faire de même, tu n’es pas très prudente, pour une fille seule en pleine nuit.

Un ricanement s’échappe de ta bouche, et tu t’assois à côté, à son invitation, d’elle tandis qu’elle s’amuse avec la fumée qu’elle expire. Tu reportes ton attention sur l’obscurité qui vous entoure, et le froid qui enserre tes épaules. Tu rabats ta capuche sur ton crâne, tant pour empêcher le vent qui s’engouffre dans tes vêtements que pour masquer le code barre sur ta nuque, bien qu’a une heure si avancée, avec pour seule source de lumière les rayons de la Lune, elle ne risquait pas d’en avoir entraperçu le moindre petit bout. Des mèches de cheveux te tombent devant les yeux, et tu les y laisses, négligemment. Reportant son attention sur la jeune femme à côté d’elle, il ouvrit la bouche :

— T’as pas peur, pour sortir à cette heure-ci ? Seule, en plus. T’es franchement inconsciente.

Inutile de lui détailler qui sillonne les rues à cette heure-ci. Et puis, elle était actuellement en présence d’un tueur en série, alors tu parles en connaissance de cause. L’alcool délie ta langue, alors qu’en temps normal tu retiens tes mots, te contentant d’exposer le strict minimum de tes pensées. Seul effet de la boisson sur toi.

Tu allumes une clope à côté d’elle, ton passé de dealer sachant parfaitement que choisir entre de la drogue provenant d’une source inconnue et un cancer en baton. Tu ne dis plus rien, par peur d’en dire trop – t’es pas vraiment le genre de gars qu’on invite à prendre un verre ou un café pour discuter.

A un moment, tu ignores au bout de combien de temps, tu écrases ta clope contre le sol, avant de la lancer dans une poubelle proche. Tu te lèves.

— Bon, j’y vais, ciao.

Plantant là l’inconnue, qui n’a, selon ses dires, pas besoin de ton aide, tu fourres tes mains dans tes poches, et vérifie la présence, à l’arrière de ton pantalon, de tes clefs et de ton portefeuille. Manquerait plus que ton butin disparaisse. Tu n’attends que d’être au coin d’une rue pour aller d’ombre en ombre, et te fondre dans celle de la jeune femme.

Bien décidé à t’amuser, ce soir.
Ft. Heroine
Dim 8 Avr - 21:58
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Elle reporta ses doigts à ses lèvres, aspirant à nouveau le parfum troublé de son joint. Ses yeux se fermèrent, alors que la fumée descendait dans ses poumons et lui donnait l'illusion d'embuer lentement son cerveau, comme enlacé dans un drap duveteux. Elle reposa sa main sur son genou, suivant du regard l'ombre de l'inconnu alors qu'Eri la voyait glisser sur le sol, à côté de la sienne. Le ricanement résonne faiblement jusqu'à ses oreilles, alors que son attention est toute entière sur son jouet fumant.
" Peu importe d'où il sort.. j'aurais pu payer pour un truc pire. "
Elle lui rend son regard en tirant à nouveau sur l'objet de la discussion, comme pour le narguer. Elle était toute puissante de toute façon, rien ne pourrait venir à bout d'elle et si ça arrivait, elle renaîtrait plus belle encore.
Un petit sourire narquois ourla le coin de ses lèvres.
" Bah, il fera jour dans quelques heures. Mais t'as sûrement raison. "
Elle ne se sentait pas en danger, mais elle ne se sentait jamais en danger de toute façon. Heroine était le seul vrai danger de toute la ville, puisqu'elle était la plus grande de tous les anges - du moins c'est ce qu'elle croit -, et ne réalisait pas vraiment qu'elle devrait se méfier de l'air sinistre et dissimulateur de son nouveau compagnon de nuit - qui lui était un danger, qu'elle connaissait en plus de ça. Elle était plus ou moins folle, quoi que cela reste discutable, mais elle n'était pas sourde. Les bas fonds de Breithe recouraient de gens comme lui, meurtriers et manipulateurs, mais elle n'avait pas la moindre idée de qui il était ; à vrai dire, elle s'en fichait probablement. Elle enviait ces gens, qui faisaient d'un plaisir leur métier, et voulait être comme eux. Mais elle était si mauvaise à jouer le jeu.. elle était la meilleure joueuse, au point de devenir elle-même le jeu. Ce qui, bien sûr, ne marchait pas auprès des autres.

Décrochant de ses pensées, elle tourna de nouveau la tête vers son interlocuteur, dont elle venait d'entendre la voix. Elle n'avait écouté que la moitié de la question, mais de toute façon, elle ne répondait jamais qu'à la moitié des questions, alors peu importe.
" La conscience c'est pour les faibles. Le risque c'est drôle, même si je risque rien. "
Heroine n'avait pas trop fait attention à ce qui avait échappé de sa bouche, probablement à cause de son cerveau embué, mais comme elle venait de le dire elle ne risquait rien de toute façon. Plus forte que tout, au dessus des autres. Trop de fierté ? Non, de l'inconscience, comme elle venait de ne pas le nier, justement. Ce n'en était pas vraiment à ses yeux, mais elle se fichait de nommer les choses. Elle se fichait des choses. Elle se fichait de tout.
" Et toi, toi aussi tu sors seul la nuit. Tu es inconscient Steven. Je sais pas ton prénom du coup je vais t'appeler Steven. "
Elle continua son monologue en marmonnant, tirant de nouveau sur le joint, disant que bien sûr elle pouvait changer de prénom si Steven ne lui allait pas, comme George ou Pierre, ou bien s'il avait un vrai prénom, mais que si il ne voulait pas lui dire ce n'était pas grave, parce qu'elle pourrait l'appeller Steven, George, ou Pierre, ou encore un autre prénom. Le joint s'était éteint. En fait, il était conssummé jusqu'au filtre. Zut.
Elle ricana à son tour, réalisant qu'il avait allumé une clope à coté d'elle alors qu'il lui faisait la morale deux minutes plus tôt, même en sachant que ce n'est pas comparable ; mais elle s'en fout. Heroine trouva ça drôle que son joint s'éteigne en même temps qu'il allume une cigarette juste à côté, mais elle n'arriva pas à organiser sa pensée et produire une phrase pour le lui faire remarquer - elle se contenta de pouffer bêtement, jouant avec ses doigts brûlés, avec lesquels elle avait jeté le joint terminé au sol.

Dans sa bulle, jouant toujours avec ses mains, elle n'écoutait pas - il n'y avait pas grand chose à écouter, vu que Steven restait silencieux à côté d'elle. Ces mains, cette peau remontant jusqu'à ses coudes, ce n'était pas la seule chose qui avait pourrit dans son existence, mais c'était sans doute la chose la plus visible. Si on ne faisait pas attention, on penserai qu'elle porte des gants ; et son voisin penserait sûrement la même chose, vu la luminosité de la petite rue où ils étaient assis. Elle maudissait ces doigts, ces mains qu'elle n'avait su contrôler que trop tard, et qui avaient implosé jusqu'à la mort de ses tissus tant de fois. Ses douces mains, délicates et fines, si rugueuses et froides à présent. Elle ne les sentait plus qu'à moitié, ces mains.
C'est en les regardant si attentivement qu'elle vit la silhouette du jeune homme, qui avait du lui tenir compagnie depuis bien longtemps, se dresser à côté d'elle. Heroine leva la tête, le suivant du regard alors qu'il s'éloignait d'un pas calme.
" Tu t'en vas déjà, Steven ? "
Elle n'attendait pas de réponse, elle n'avait même pas réalisé qu'elle avait posé la question, mais c'est en n'entendant rien sauf l'écho de sa voix qu'elle se dit qu'il était sûrement tant qu'elle rentre chez elle également.
Son portable à la main, ses yeux lisèrent presque trois heures sur l'écran rétroéclairé. Hero poussa un soupir. L'euphorie - un grand mot, elle était presque tout le temps en euphorie - était descendue, elle n'avait aucune idée de combien de temps elle avait réellement duré et ne voyait pas l'utilité de savoir. Son cerveau avait déjà classifié la rencontre avec l'inconnu comme information passée. Elle se remit donc sur pied, ajustant sa robe et ses bas, et époussetant le tout de la saleté du trottoir. Son sac sur le dos, elle suivit les pas de son interlocuteur - qu'elle avait déjà oublié, et dont elle ne s'était pas rendu compte de sa présence persistente.

Heroine continua d'errer, sans but, dans une rue un peu plus grande et plus animée. Elle se faufila entre la foule saoule, dont certains hommes qui n'en étant pas à leur premier verre, et qui la regardaient passer, elle et sa petite jupe volant sous la brise de la nuit. Qu'est ce qu'elle pouvait s'en foutre. A moins de se faire agripper soudainement pour la forcer à user de ses mains maudites, elle ne risquait pas grand chose. Au contraire, ça l'amusait, ce risque qui lui léchait les pieds sans jamais réellement attraper sa cheville pour l'empêcher de marcher.
Ses pas l'avaient perdue un peu plus, guidée vers l'inconnu. Elle reconnaissait à moitié où elle était, avant de se rendre compte qu'elle était revenue sur ses pas, avant même d'arriver à la petite ruelle d'après le bar. La maison ne pouvait être que plus proche, sans doute. Elle finirait bien par trouver. Est-ce que c'était vraiment son but de toute façon ?
Forcée d'arrêter de réfléchir par une main sur sa taille et une haleine saoule, Heroine réalisa qu'elle s'était arrêtée dans sa marche et que quelqu'un l'avait visiblement suivie. L'odeur n'était pas familière - et ce n'était pas le même alcool que celui que sentait l'inconnu de la ruelle -, la voix non plus, même si on se plaisait à être familier avec la jeune femme aux cheveux blancs. La main se balader, alors que la voix lui demandait ce qu'elle faisait là à cette heure ; Heroine se retourna, faisant face à un minable tenant à moitié sur ses genoux, qui se laissa pousser quelques pas en arrière rien que par les jambes d'Eri quand elle fit volte face.
Un instant sans réfléchir, et elle avait attrapé la grosse main collante qui s'approchait à nouveau, et avait concentré la pression de son bras entier dans la sienne. Les os craquèrent dans un bruit sinistre et malaisant, qui ne fit pas tiquer Heroine, puis le bras entier se retrouva enroulé dans un ordre que mère nature n'avait pas anticipé. Son regard orangé était fixe, éclairé par un lampadaire, presque brillant d’agressivité. Un cri d'horreur perça quand le pauvre homme s'aperçut de l'état de son bras, et que la douleur monta jusqu'à son cerveau endormi.
Eri fit demi tour, continuant son chemin comme si de rien n'était, oubliant déjà ce qui venait de se passer alors que le bruit de l'homme se tordant de douleur après être tombé à terre résonnait dans la rue. C'était le troisième ce soir, et ça commençait à la fatiguer un peu.

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Lun 9 Avr - 2:33
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Ce que tu retiens de votre échange, c’est qu’elle doit être aussi ravagée que toi. Par quoi, impossible de le savoir. Cependant, elle semble ailleurs, comme déconnectée, et un instant tu te dis qu’elle est peut-être comme toi. Un être brisé, dont la vie a arraché les ailes sans anesthésie pour mieux de claquer la tête contre le bitume. Mais toi, t’as déjà vécu ça trois fois. Es-tu pour autant plus fous que les autres, plus meurtrit ? Tu n’en sais rien, et t’en contrefous.

Tu ne peux pas vraiment lui expliquer que t’as été dealer, et que tu connais les meilleurs endroits pour s’approvisionner en substances et plantes illicites en tout genre. Voilà un siècle que tu pérégrines dans les mêmes rues, sans pour autant t’en lasser. Peut-être que c’est parce qu’au fond, Breithe te correspond. Elle est pourrie. L’attitude de la jeune femme avait quelque chose d’assez désarçonnant ; certains de ses gestes trahissaient sa maturité, mais la plupart de ses paroles et de ses actes frôlaient l’inconscience la plus totale, comme tu lui as fait remarquer. Elle n’a peut-être rien à perdre. Comme toi. Tu souffle silencieusement sur ta clope à mesure qu’elle te parle, sans pour autant répondre. Tu veux bien jouer, mais c’est selon tes règles. Tu n’aimes pas être le joueur, mais plutôt le maître du jeu. Loin d’accepter de subit ton destin, tu préfères en prendre les reines : tuer, mourir, c’est toi le seul décideur, à présent. Tu as déjà été victime, tu refuses de quitter ton statut de prédateur. Resserrer tes griffes noires autour des gens te procure un bien beaucoup trop puissant pour que tu y renonces.

Tu n’oses même pas la contredire, lorsqu’elle énonce sa propre vision de la conscience. Un sourire moqueur s’étire sur tes lèvres. La conscience. C’est ce qui fait de toi le prédateur. Ce qui fait de toi le maître de ton destin, et de celui des autres, ce qui te maintient en vie. Tu n’es pas d’accord avec sa vision des choses, mais pas d’humeur à faire la morale à une gamine intrépide. Et puis, elle pourrait soudainement comprendre que t’es une menace, alors tu t’en gardes bien – tu as envie de t’amuser.

Puis elle te donne un nom. Ta mâchoire se serre et tu grinces des dents. Tu n’aimes pas qu’on te donne un nom, qu’on « t’appelle », comme elle le disait. Donner un nom, c’est faire d’une personne une chose. Pour certains, c’est justement attribuer une conscience, pour toi, c’est marquer son territoire. C’est pour ça que tu n’es plus Rafer. Tu es Sloan, et tu n’appartiens qu’à toi-même. Mais bon, elle doit être salement torchée, alors tu ne risques pas de lui envoyer ton poing en pleine figure. Tu lui jette un regard scrutateur, de bas en haut. Tu pourrais la briser en mille morceaux d’une seule pichenette. Du moins, c’est l’impression qu’elle donne. Tu reportes ton attention sur ta clope, l’écrase et la jette. Tu ne l’écoutes déjà plus. Et, de toute façon, son discours est trop décousu pour que tu y donne un sens, pas plus qu’à ses ricanements, et ses mimiques. Pour n’importe qui d’autre, elle aurait semblé rigolote. Pour toi, elle cache quelque chose, le subit en permanence, comme une blessure ouverte, dont la plaie fait un mal de chien, mais que tu ne peux soigner. Et encore moins faire soigner. Comme ses doigts brûlés, qui semblent l’amuser plus qu’autre chose.

Puis tu t’éloignes.

Lorsqu’elle te le fait remarquer, comme à regret, tu ne te retournes pas, te contentant de lever la main et de l’agiter légèrement. « Au revoir », cela signifie. Si le risque, c’est drôle, elle te suivra, tu n’en doute pas, elle te cherchera peut-être, parce que tu l’as laissée là sans rentrer dans son jeu dangereux. Parce que tu ne l’as pas faite maîtresse de son jeu. Tu as repris le dessus, d’un coup, comme un joueur de carte. Une seule t’a suffi à faire pencher la balance en ta faveur. Ton souffle dans l’air nocturne fait un nuage vaporeux.

Tu repenses à son mouvement, sur ses manches. A ses doigts brûlés. Qu’est-ce qu’ils ont, ses membres ? Tu es intrigué. Peut-être est-elle le jouet parfait, ou peut-être n’a-t-elle pas besoin de toi pour être un joueur pris au piège du maître du jeu impitoyable qu’est la vie. Peut t’importe, tu ne penses plus qu’à toi, c’est tout ce qui t’importe. Ne pas te perdre.

Ses pas s’approchèrent, tandis que tu étais tapis dans l’obscurité. Un pas léger, au rythme irrégulier, représentatif de son caractère. Au passage, tu t’approprie son ombre, et la suit sans un geste. Tu n’as jamais vraiment compris l’utilité de ton pouvoir, si ce n’est qu’il te permet de te déplacer sans bouger, et de te planquer lorsqu’il y a du danger. Tant que tu restes dans l’ombre, tout va bien. Mais la lumière t’éblouis, te terrifie, et te consume, révélant ton corps matériel, celui qui peut mourir, et qui est faible. C’est pour ça que tu sors la nuit. Le jour, tu es impuissant, ou presque. Toujours victorieux, je te l’ai dit. Tu ne crains pas les autres. La seule chose que tu crains, c’est toi-même. Ta faiblesse. Alors tu te repais du mal, de la noirceur et du malheur, en fait ton lot quotidien, tue sans compter, tant qu’on te le demande.

Tu te laisses porter par ses pas, qui sont à présent aussi les tiens. Mais tu ne ressens pas l’effort. Lorsqu’elle se faufile parmi la foule, tu as tout le loisir d’observer les porcs pathétiques du coin tenter de jeter son dévolu sur elle. Elle n’a peur de rien. Ou alors pas des bonnes choses.

Avec amusement, tu l’observes tourner en rond. Elle est complètement paumée, ou quoi ? En plus, elle a un portable, et très certainement une appli de géolocalisation. Avec les nouvelles technologies, elle devrait bien s’y retrouver. Bizarre qu’une jeune comme elle n’y pense pas. M’enfin, t’es bien placé pour savoir qu’avec quelques verres en trop, plus un joint, penser logiquement ne fait pas partie des priorités.

Tu observes sans réagir un vieil homme un peu trop revigoré par l’alcool promener ses mains sur le corps de la jeune femme. Avec insistance, il lui pose les questions typiques des gars malsains prêts à commettre l’abominable. Et t’as pas envie d’assister au viol d’une pauvre inconsciente, pas non plus envie de détourner le regard. T’es bien placé pour savoir ce que ça fait, un viol. Alors, tendu et prêt à intervenir, tu attends le bon moment pour reprendre consistance humaine. Mais elle ne se laisse pas intimider, et, avec le calme d’un bourreau aguerri, tord le bras de son agresseur en une forme sinistre. Pas du tout naturelle. Le déclic se fait, dans ta tête. Il lui a suffi d’une pression. Toi, tu as tout vu, mais lui, ne comprends pas, il est bien trop ivre. Toi, tu sais ce que ça veut dire. Tu sais que c’est possible, d’avoir des pouvoir. De ne pas mourir. Réfléchissant aux possibilités qui s’offrent à toi, tu restes tapi dans son ombre, tandis qu’elle reprend son chemin, laissant l’homme se tordre de douleur sur le sol.

A une intersection, tu jaillis, et, avec une vivacité peu commune, tu la plaques contre un mur en la faisant pivoter à la manière d’un valseur, en prenant soin d’immobiliser ses mains meurtries au-dessus de sa tête, en tenant fermement ses poignets. Un rictus étire légèrement les commissures de tes lèvres. Ça fait longtemps que tu n’as pas tué. Tu veux du sang. Alors pourquoi pas le sien. Une gamine morte au coin d'une ruelle, tu es presque sûr qu'elle ne manquera à personne, au vu de son attitude.

De l’extérieur, la scène peut porter à confusion, mais tu sais pertinemment qu’aucun chevalier servant n’accourra pour sauver la princesse aux cheveux d’ivoire. Plongeant ton regard noir dans celui, doré, de la jeune femme, tu t’approches et souffle :

— C’était quoi, ça ? tu demandes avec fébrilité.

Son pouvoir te fascine, si tu peux l’affronter, goûter à son sang, à sa puissance, ce sera un véritable plaisir, une jubilation sans pareille. Un vrai défi, c’est ce qu’il te faut.

— Tu es morte, c’est ça, mon ange ? tu susurres.

Avec un sourire malsain, tu ajoutes :

— Je t’appelle « mon ange », comme je ne connais pas ton nom.

Tu veux qu’elle soit ta chose. Juste un petit moment. Juste le temps d’un jeu. Dans tes yeux une lueur de folie se fraie un chemin, et tes pupilles se dilatent.

Mais pour toi, c’est de la folie consciente. C’est ta force.
Ft. Heroine
Jeu 12 Avr - 0:39
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Glitch suprême
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OBLIVION
━ heroine △ sloan
La main tremblant un peu, tentant de se contenir, mais son cerveau avait totalement dissocié l'acte qu'elle venait de faire de l'euphorie qui était en train de la brûler. La chaleur montait le long de ses hanches, jusqu'à ses joues, laissant une trainée piquante sur sa peau alors qu'Heroine frissonna. Cette sensation de bonheur après avoir disloqué la chair, les muscles, les os - elle l'aimait tellement. Elle n'entendait plus les pleurs de sa victime, dont elle s'éloignait rapidement, s'extasiant. Sa tête bourdonnait, lui donnant milles idées ; continuer, arrêter, trouver une autre cible, se calmer, se pousser au plaisir, se laisser sombrer ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Ses jambes la poussèrent jusqu'à une petite rue sombre où personne ne la trouverait, dans l'ombre d'un lampadaire jaunâtre.

Son dos se plaqua contre le mur, l'écorchant et propageant encore plus la brûlure sèche et presque aiguë qui tordait sa colonne vertébrale. La chaleur envahissait son corps et elle allait exploser, ses mains vibraient sous la douleur mais la sueur qui perlait sur sa peau blanche était tellement plus aphrodisiaque. Heroine fondait, coulait, tremblait, il fallait que l'extase continue - il fallait que l'orgasme fasse vaciller son corps. Mais ses mains n'étaient pas libres, elles ne bougeaient plus. Elle pensa que sa hâte jouait de ses doigts, qu'encore une fois elle était trop impatiente pour bouger, qu'elle allait pouvoir se tordre de bonheur dans quelques instants et qu'il fallait juste attendre que sa main divine se décide à s'abattre ; puis sa vue brouillée finit par refléter un visage, ici, devant elle, à quelques centimètres du sien, l'affrontant.
Au début, elle eut du mal à le reconnaître - l'agonie, l'ivresse, l'inconscience, la folie qui déformait ses traits n'aidaient pas non plus. Un regard noir, terrifiant pour les autres, si excitant pour Heroine qu'elle en sentit trembler ses genoux. Elle était si fébrile, cassable en deux, si tordue par l'adrénaline que ses cuisses collaient. Mais même immobilisée, elle avait ses mains : ses mains de déesse, d'ange, de bourreau, qui résonnaient dans un écho sourd entre les os de ses poignets fermement maintenus. Elle se sentait reine, prise au piège par une ombre, mais toujours libre de sa folie.

Sa voix se casse, elle ne peut laisser s'échapper que des soupirs et des gémissements camouflés. Elle-même est cassée, et ses morceaux sont uniquement tenus par la brûlante extasie qui s'est emparée de son échine, a remplacé son sang, et a brouillé son cerveau. Elle n'écoute qu'à moitié, n'est pas trop capable de comprendre le sens complet des mots qui glissent jusqu'à ses oreilles, mais s'en délecte comme d'un sirop sucré.
Mon ange, mon ange, mon ange. Le mot s'enchevêtre dans sa folie alors qu'elle vibre encore et encore quand il est prononcé une fois, deux fois. Mon ange, mon ange. C'est Heroine l'ange, la plus belle, la plus grande, celle qui a le plus de plaisir et qui prend plaisir à même se noyer dedans.
" Je suis un ange.. " souffle-t-elle fébrilement.
Un énième soupir compresse ses poumons, elle palpe la chaleur comme une chaîne enroulée autour de ses côtes, serrant, écrasant, les sentant presque se briser. Un plaisir si étouffant qu'elle doit à son tour étouffer. Il lui en fait plus.
Mon ange, mon ange, mon ange. Encore et encore.
L'ange doit briser des ailes pour voler ses nouvelles plumes.

Heroine se fiche d'avoir reconnu l'ombre de la ruelle, l'information est perdue dans un torrent de folie et d'excitation. Un spasme secoue ses épaules, et lui rappelle qu'elle est prisonnière de menottes d'acier, d'une emprise qui ne fait que lui donner envie d'exploser. Elle ne veut pas se libérer, elle veut jouer et se repousser. Elle veut s'enfermer pour concentrer toute cette euphorie jusqu'à ce qu'elle implose d'elle-même.
Elle doit briser ses chaînes pour s'arracher sur les bouts brisés.

Les mains tordues par sa force divine, les doigts aux mouvements saccadés tant la pression est étouffante sur les phalanges, son sang s'épaissit de plus en plus en coulant vers ses poignets. Ils sont comme faits de marbre à présent, blancs et pures, impassibles et inébranlables; salis par la chair pourrie et putréfiée. La force imbibe son bras entier, descendant après le coude jusqu'à ses épaules, et s'emparant de celui-ci dans une pulsion qui envoie valser ses chaînes humaines.
Le contact abandonné lui laisse un éclair glacé parcourant sa peau, rentrant en combat avec la chaleur étouffante enroulée autour de son être. Elle trembla, victorieuse.
Il en faut plus.

Elle se jeta se l'inconnu, rendant ses mains impassibles et le saisissant par les épaules pour le faire sombrer. Heroine s'entraîna avec lui, usant de son poids presque ridicule en plus de celui de la chute, mais ne vacillant pas. Elle amortit le sol de ses genoux protégés par les dieux dans un son caverneux, celui de deux pierres l'une contre l'autre, proches de l'éclatement. Son dos frémit sur toute sa longueur alors que ses mains et genoux sont ancrées dans le sol, scellant sa prison autour de l'adversaire ; elle se sent puissante, reine.
" Amuse-moi. Détruits-moi. "
Elle retint un râle dominateur. Sa voix est brûlée par l'inconscience, l'impatience et l'extase ; Heroine sonne rauque, résonnante, une toute autre différente personne. Ses mains assouplies glissent le long de la peau froide, palpant le pouls et les veines saillantes sur son cou, et s’abattent comme une pince tout autour. Elle jubile, elle couine comme un animal fou. Elle n'est plus qu'un animal.

Alors qu'elle allait enfoncer ses griffes noires dans la chair et en arracher tous les morceaux, elle réalisa - un petit rire gêné, presque un gloussement, et la main qui s'était à peine fermée libéra de nouveau sa proie. Son corps entier avait presque fondu, elle était sensuelle, serpentine et meurtrière. Heroine glissa son ongle minutieusement le long de la jugulaire exposée, jouant d'un air passionné, continuant d'haleter comme une hyène. Elle n'était plus que folie et addiction à la puissance.
" Brise-moi, brise-moi, laisse moi te briser le cou.. "
Il était trop tard, elle avait perdu le contrôle. Il lui fallait sa jouissance et sa possession, sa toute puissance d'exister au creux de ses mains.
"Brise-toi pour moi. Brisons-nous ensemble, mon ange.. "
Il lui fallait encore plus, plus, plus de plaisir.
Le jeu venait juste de commencer.


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h e r o i n e
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Lun 16 Avr - 1:42
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Diakoptis
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The most beautiful thing in the world must be shadow.

Sa réaction te surprends, tu la regarde convulsée comme victime d’un plaisir malsain. Un sourire carnassier s’étend sur tes lèvres à mesure que tu resserres ton emprise sur ses poignets. Fragiles articulations de poupée de porcelaine, semblant capables de ployer sous le souffle du vent, mais aussi source d’un pouvoir immonde et terrible. Tu aimes ce qui fait peur, toi aussi. Ton regard croise le sien – tu n’aurais jamais pensé pouvoir croiser autant de folie dans les yeux quelqu’un d’autre. Les tiens, sombres comme la nuit, alternent entre ses mains abîmées et son visage poupin. Elle ne répond pas, ça t’agace. Mais tu sais ce que son souffle signifie. Ce que ses gémissements, ses tremblements, veulent dire. Sa psyché est complètement sens dessus dessous, et tu ne vaux pas mieux, à la maintenir fermement collée au mur. T’as même l’impression que c’est toi qui la soutient, tant ses jambes semblent vouloir lâcher fébrilement leur maîtresse.

Elle tente de parler, de répondre peut-être, mais de sa jolie bouche ne sortent que les signes d’une extase pernicieuse. Cette fille est un danger, de la folie à l’état pur, comme un diamant dont on a cassé l’apparente normalité. Pourtant, ça t’attire. T’es comme un papillon de nuit face à la lueur de ses prunelles, tu veux la dévorer, t’imprégner de son déséquilibre, t’en faire maître. Au fond, t’as l’impression qu’elle veut la même chose, que vous vous ressembler. Un rictus déforme ton visage. Personne ne te ressemble.

Sa voix se fait ensuite entendre, loin du ton innocent que t’as entendu juste avant, loin de tout ce que tu aurais pu imaginer écouter sortir de sa bouche. C’est comme si elle vomissait sa folie à chaque mot, elle te la vomit dessus, et tu en inhale le parfum dérangé, comme un drogué en période de manque. Pourtant, sa voix, quoique rocailleuse, alcoolisée et dangereusement herborisée, reste celle d’une fille. Seul son ton révèle qu’elle est la plus dangereuse de toutes.

Tu te rapproches encore, lorsqu’elle souffle fébrilement quelques mots, soupire annonciateur de mauvaises choses.

— Nan, mon ange. Je veux te voir t’écraser au sol, t’arracher les plumes moi-même, tu réponds sur un ton sadique, un sourire carnassier retroussant tes lèvres.

Loin de t’entrainer dans sa folie, tu l’étais déjà, mais tu gardes conscience, tandis qu’elle perd pieds. Mais elle tente de t’entrainer avec elle, se défait de tes chaines d’acier sans hésiter à se blesser elle-même. Meurtrir autrui est une chose, se faire du mal en est une autre. Et cela signifie que c’est un point de non-retour. Mais tu regardes, surpris, son bras imploser, sans qu’une seule trace de douleur ne vienne atténuer l’expression de démence qui déforme ses traits. Alors, elle y gagne une ouverture, profitant de ton regard coulant sur son sang pour te faire tomber en arrière.

T’as mal, ta tête ayant heurté de plein fouet le bitume. Un bruit sinistre accueille votre chute – ses genoux, l’arrière de ton crâne et ton dos ayant chuté à grande vitesse du haut du trottoir et manquent de se fracasser par terre par la même occasion. Elle est sur toi, appuyant de tout son être sur ton abdomen – heureusement que t’es allé pisser avant de sortir du bar –, un poids plume, comparée à d’autres.

Ses paroles sont décousues, dénuée de tout sens. Elle a abandonné toute volonté de revenir à la raison, tu le vois dans ses yeux, dans ses mots, dans ses mains serrées autour de ton cou. Comme un animal certain de refermer ses griffes sur sa proie.

Or tu n’es pas proie. Tu n’es que prédateur. Tu n’es que victoire. Tu n’es que force brute.

Tu la laisse néanmoins savourer sa victoire, répondant à ses mots et à sa pression autour de ta nuque par un sourire provocateur. « Fais-moi mal, essaie donc, mon ange », semblent dire tes yeux, que seule la lueur faiblarde de la Lune éclaire.

Sur toi, elle s’agite comme une bête malade, rendue folle par la faim ou l’isolement. Elle te demande de la détruire, de la briser, dans une supplique lancinante dénuée de toute lucidité, alors qu’elle renforce sa prise sur ton cou, alternant caresses méphitiques, de sa main ou de ses ongles, et pressions fiévreuses. Elle va te laisser des marques de griffes. Tu la fixe sans rien dire, un sourire railleur collé aux lèvres, et n’attend que de pouvoir reprendre le dessus.

Mais comme tout bon prédateur, tu sais patienter, attendre le bon moment avant de fondre.

Ses paroles se perdent dans le dédale de sa folie, alternant supplique et désir sadique. Mais tu ne lui fait pas le plaisir de répondre, avant de sentir les battements de ton cœur s’agiter à cause de la pression. Tout sourire, avec un rictus mi-malsain mi- amusé, tu te fonds dans son ombre, glissant dans l’obscurité, échappant à sa vue.

Tu es couleuvre, anguille, fourberie. Insaisissable ombre dans la nuit. Personne ne peut savoir où tu es, ce que tu prépares, quand tu es dans le royaume obscur qui nait de la propre noirceur des êtres et des choses. Tu deviens eux. Tu es leur alter-égo, ressentant le moindre de leur mouvement, sans pour autant qu’ils aient la moindre emprise sur les tiens, tel l'épée de Damoclès, qui menace depuis les hauteurs de s'abattre sans prévenir.

Alors tu surgis dans son dos, et inverses les positions. Elle n’est plus hyène dominatrice, tu as repris ta place de lion souverain, maintenant fermement ses mains contre sa poitrine, sous elle, tandis que tu t’arques au-dessus d’elle pour mieux l’enserrer dans une nouvelle étreinte mortelle. Ta bouche contre son oreille, tu susurres :

— Mais moi, je ne suis pas ton ange. Je ne suis qu’une ombre mouvante. Je ne suis que la mort, ou l’artisan de celle-ci.

Tu colle ta joue contre le coin de sa mâchoire, et un rictus déforme tes traits déjà noircis par la nuit.

— Et je veux te faucher les ailes.

Tes mains s’activent, et alors que tu bloques ses jambes avec les tiennes, tu joues comme un pianiste pour ne retenir ses frêles poignets que d’une seule prise, tandis que ta main libre remonte lentement vers son cou, penchant sa tête en un angle difforme, tout contre ton propre visage. Tu palpe le sien, sa jeunesse, sa face tourmentée et anormale, ses yeux grands ouverts, pleins d’une folie furieuse. Puis tu redescends, laissant tes doigts s’attarder sur sa fine nuque d’albâtre, que tu comptes bien briser d’un coup sec, comme à un animal à l’agonie. Tuer est si facile. Si bon. Alors, tu écartes ses cheveux de marbre, et fixes sa nuque.

Un détail attire ton attention, et ta prise sur sa jugulaire se resserre malgré toi. Un code barre.

Un rire caverneux sort de ta gorge, sans pour autant que tu ne libère ta prise. Tu incline son visage doucement, pour fixer sa démence de tes propres yeux.

— Alors comme ça t’es un ange de la mort ?

Ou un démon libéré sur terre par un étrange maléfice, comme lui, pour mieux tout ravager.
Ft. Heroine
Lun 16 Avr - 19:56
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